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Lors de son séjour au Brésil avec
la mission artistique française (1816-1831), le peintre Jean-Baptiste
Debret accumula des croquis et des aquarelles qui allaient servir de base
à son Voyage pittoresque et historique du Brésil,
publié à son retour en France en 1834. Jamais réédité
depuis, le premier tome constitue un témoignage irremplaçable
sur les Indiens du Brésil.
Jean-Baptiste Debret a porté un regard dethnologue sur leurs
coutumes, leurs rituels funéraires, la situation de semi-esclavage
des femmes responsables de la construction des cabanes, de la préparation
de la nourriture, de la fabrication des ustensiles de bois, de vannerie
ou de céramique, des ornements de plume, de la confection des hamacs
et enfin, de lélaboration du caouï ou bière de
maïs
Leur beauté plastique, leurs ornements et leurs armes en faisaient
des sujets de choix pour un peintre à la fois en quête dinformation
et dexotisme. Formé à lécole de son cousin
Louis David, Debret oscille entre la rigueur néo-classique et lexotisme
romantique. Si son intérêt pour les Indiens sinscrit
dans une vision épique, émerveillée, qui est en partie
dans la tradition du mythe du « bon sauvage », ses représentations
sont guidées par une réflexion sur lévolution
de la barbarie à la civilisation.
Bien que ses contacts avec les Indiens aient été limités
à quelques incursions dans les forêts et à lobservation
des objets conservés dans des collections à Rio, son séjour
de seize ans au Brésil, la qualité esthétique de
ses lithographies et lacuité des observations recueillies
forment un ensemble historique et pictural inestimable pour la connaissance
et la vision que lon avait des Indiens du Brésil avant leur
disparition programmée.
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