| Réné de Ceccaty Le Monde des livres 08/04/2005
Un Japonais à la cour de l’Impératrice rouge RÊVES DE RUSSIE (Oroshia koku suimutan) de Yasushi Inoué. Traduit du Japonais par Brigitte Koyama-Richard, Phébus, 290 p., 19,50 euros. NAUFRAGE ET TRIBULATIONS D'UN JAPONAIS DANS LA RUSSIE DE CATHERINE II (1782-1792) (Hokusa Bunryaku), de Hoshû Katsuragawa. Traduit du japonais par Gérard Siary, éd. Chandeigne, 432 p., 32 euros. Les hasards de l’édition réunissent deux points de vue sur le passionnant destin du marchand japonais Kôdayû, qui défraya les chroniques européennes du XVIIIe siècle et permit la connaissance mutuelle des moeurs russes et japonaises, grâce à son double témoignage auprès de la. grandeCatherine, qui le reçut à plusieurs reprises, et auprès du shôgun, à son retour. L’auteur du Fusil de chasse consacra, comme on le sait, de nombreux romans à des personnages historiques, chinois et japonais. Lorsqu’il s'intéressa au séjour que Kôdayû fit, entre 1782 et 1792, en Russie, il disposait de nombreux documents, en français, en russe et en japonais. L'un d’eux, à présent traduit, est le rapport que le médecin Katsuragawa, savant particulièrement ouvert sur l’Occident (on lui doit l’introduction au Japon des techniques chirurgicales hollandaises et de nombreuses études linguistiques et géographiques) fit des entretiens du voyageur avec le shôgun, et des nombreuses informations qu’il fournit sur la vie et la politique russes. C'est un contrepoint édifiant du roman d’Inoué, particulièrement rigoureux et respectueux de la vérité historique. Rencontre féconde Kôdayû était un marchand lettré. Aussi son naufrage fut-il l’occasion d'une rencontre particulièrement féconde. En dépit de grandes difficultés de communication et de problèmes d'accoutumance, Kôdayû devait profiter pleinement de séjour forcé, successivement dans la presq’île de Kamtchatka, proche du Japon, à Irkoutsk, près du lac Baïkal, et à Saint-Pétersbourg. La rencontre d'un savant minéralogiste Laxman, qui lui offrit accueil et amitié, lui permit de présenter à Catherine II la requête d'un retour au pays.
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