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José Cardoso Pires
(1925-1998)

L'écrivain est inclassable, indépendant de la plupart des courants littéraires, mais en quelques romans brillants et variés il a su se faire reconnaître comme un des meilleurs romanciers portugais de son siècle. Le sens de la fatalité éclaire d'une lueur sombre toute l'œuvre, mais une espérance humaniste donne toujours au récit un ton allègre. Il réconcilie l'intérêt pour l'individu et l'engagement social, la minutie de la peinture du réel et la grandeur du mythe.

Lisbonne, livre de bord. Voix, regards, ressouvenances
(Gallimard)
José Cardoso Pires était le meilleur connaisseur de sa ville, Lisbonne. Dans ce livre bref et admirable, il en reconstitue l'histoire poétique et nous invite à le suivre pour une promenade toute personnelle à travers ses souvenirs d'enfance, ses lectures complices (Pessoa, Alexandre O'Neill, Eça de Queiroz).

Ballade de la plage aux chiens
(Gallimard)
Le 4 avril 1960, sur une plage des environs de Lisbonne est découvert, criblé de balles, le corps d'un officier de l'armée portugaise, évadé d'un fort où l'avait conduit une tentative de soulèvement militaire. Ce roman est l'histoire de cet officier rebelle, de ses deux compagnons d'évasion et de son amie, enfermés dans une maison isolée, s'observant et se découvrant, se rapprochant ou se haïssant. C'est aussi le déroulement de l'enquête que mène un policier baroque et solitaire, séduit dès le premier jour par la personnalité de la jeune femme qu'il interroge, ancienne compagne de l'officier assassiné. Cette " autopsie d'un crime " met au jour les rivalités qui divisent les polices judiciaire et politique et dresse le tableau d'une société crépusculaire, dans le cadre d'une Lisbonne méconnue et surprenante.

L'invité de Job
(Autrement)
La province d'Alentejo, située au sud de Lisbonne, au-delà du Tage, est entre les mains de grands propriétaires féodaux qui oppriment les ouvriers agricoles. Le chômage et la misère donnent lieu à des manifestations dans le village de Cimadas, et la force publique s'efforce de faire régner le calme. Deux paysans du village affamés, Anibal, un vieillard sans ressources et Portela, un jeune homme sans profession, décident de partir vers le nord pour trouver du travail, dans le cantonnement de Cerval Novo où son fils fait son service militaire. Portela sera blessé après avoir pénétré par mégarde sur le polygone de tir, les deux compères devront piteusement revenir à Cimadas.

Alexandra Alpha
(Gallimard, 1991)
Dans la Lisbonne des années 1960/70 âgée par une dictature épuisée, Alexandra Alpha, publiciste dans une agence américaine, donne l'image d'une femme libre et hante le soir un bar d'avant-garde où se mêle une faune sophistiquée et décadente. Dans ce huis clos et ces dérives chargées d'alcool, une brève rencontre, un amour au parfum d'enfance et d'inceste brisé net par la guerre coloniale, sont les parenthèses lumineuses d'une vie chargée d'ennui. Jusqu'à ce matin du 25 avril 1974 où la révolution éclate. Mais s'agit-il d'une nouvelle ère qui commence ou d'un désenchantement sans fin qui se poursuit ?

Le dauphin
(Gallimard)
Le narrateur, écrivain de métier, retourne en octobre 1967 à la Gafeira où déjà l'année précédente, il était allé faire l'ouverture de la chasse. Entre-temps, la femme du jeune seigneur du lieu, propriétaire de la lagune, s'est suicidée. Leur valet, le métis Domingos est mort mystérieusement. Et le seigneur lui-même, le Dauphin, a disparu. Le narrateur mène l'enquête et découvre peu à peu, avec l'anecdote tragique, la vérité sur le véritable délire dans lequel vivent non seulement le Dauphin, mais aussi toute une classe, toute une société.

Autre titre disponible : La république des corbeaux, nouvelles (Gallimard)

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