
©Silvia Seova |
José Saramago
(1922)
La vie de José Saramago est un destin.
Homme du peuple, autodidacte, militant communiste, il a fait plusieurs
métiers. Sa vocation et sa réussite d'écrivain n'ont
véritablement éclaté que tardivement, en 1982, avec
la publication du Dieu Manchot. Depuis, chacun de ses livres est un best-seller
au Portugal, et sa notoriété et ses tirages n'ont cessé
d'augmenter dans le monde jusqu'au prix Nobel qu'il a reçu en 1998.
On a dit qu'il avait tenté et réussi d'adapter le "
réalisme magique " caractéristique des romans sud-américains
à la littérature de la vieille Europe. Les manières,
les thèmes, le style de Saramago ne sont pas ceux d'un romancier
populaire. Chaque livre est conçu autour d'un mythe original (l'histoire
de la construction du couvent de Mafra, la séparation de la péninsule
Ibérique du reste de l'Europe, etc.) qui se rapporte à la
vie concrète des hommes. L'auteur impose au lecteur un effort par
son mode de narration et d'écriture, qui pourrait sembler alambiqué
si tout cela ne fonctionnait parfaitement. Saramago a en quelque sorte
libéré la prose portugaise d'un certain carcan formel traditionnel.
Le dieu manchot
(Points-Seuil)
Balthazar Sept-Soleils et Blimunda Sept-Lunes, lui soldat, elle sorcière,
se sont rencontrés à Lisbonne, ville des plaisirs et de
la religion, des sacrifices et de la sensualité. Ils sont témoins
de grands événements portugais du XVIIIe siècle :
l'édification du gigantesque palais-couvent de Mafra, celle de
la machine volante du moine Bartolomeu de Gusmão, les bûchers
de l'Inquisition, les tentations alchimiques... Épique, blasphématoire,
le Dieu manchot est une grande fable baroque sur fond d'intrigues et d'épidémies,
où les laissés-pour-compte sont les héros de l'Histoire.
Le radeau de pierre
(Seuil)
Ce roman au ton prophétique est évidemment une forte parabole
politique.À la suite d'un cataclysme, la péninsule Ibérique
tout entière se détache de l'Europe et se met à dériver
comme un " radeau de pierre " le long de l'océan. Elle
va se heurter aux Açores, puis, suivant le sens contraire des aiguilles
d'une montre, se met à décrire un périple inattendu
avant de filer vers le sud, vers une Afrique qui lui est proche, pour
s'arrêter on ne sait quand ni où. Tous ces événements
sont vus par le regard de quatre personnages qui vont vivre une extraordinaire
histoire d'amour.
L'année de la mort de Ricardo Reis
(Points-Seuil)
Ricardo Reis est l'un des hétéronymes du grand poète
Fernando Pessoa
. Créature imaginaire, qui pourtant s'inscrit dans la réalité
en signant une uvre poétique importante, il devient sous
la plume de Saramago le personnage central d'une fiction romanesque. dans
la Lisbonne changeante des années 1940, que les reflets du Tage
font paraître comme irréelle, Ricardo Reis poursuit une quête
d'identité où se mêlent le vrai et le faux ; les morts
côtoient les vivants, les sages, les fous, en un mystérieux
jeu de miroirs.
L'aveuglement
(Points-Seuil)
Un homme, assis au volant de sa voiture, attend devant un feu rouge. Il
devient soudain aveugle. C'est le début d'une épidémie
qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le
pays. En quarantaine dans un hôpital ou livrés à eux-mêmes
dans la ville, privés de tout repère, les hordes d'aveugles
devront faire face à ce qui, en l'homme est le plus primitif :
la volonté de survivre à n'importe quel prix. Guidés
par une femme, le seul être qui n'a pas été frappé
par la " blancheur lumineuse ", les personnages de ce roman
connaîtront mille aventures. Amour, haine, cruauté, indifférence,
peur, autant de passions qui nous aveuglent et à partir desquelles
l'auteur bâtit une inquiétante allégorie du temps
où nous vivons.
Tous les noms
(Seuil)
Monsieur José, seul personnage de ce livre, travaille dans l'immense
bâtiment où sont conservées et mises à jours
les archives des vivants et des morts. Il vit seul dans un modeste logement
contigu à la grande salle où les employés sont soumis
à une stricte hiérarchie bureaucratique. Son seul passe-temps
consiste à collectionner des renseignements sur les cent personnes
les plus célèbres du pays. Un jour, par hasard, il prend
la fiche d'une jeune femme. Sa vie bascule tout à coup ; il décide
de rechercher l'inconnue et se lance dans des aventures rocambolesques.
Histoire du siège de Lisbonne
(Points-Seuil)
Raimundo Silva est un quinquagénaire à la vie bien réglée,
correcteur exemplaire dans une maison d'édition, jusqu'au jour
où, saisi par quelque démon, il apporte une modification
à un manuscrit. D'un mot, il change le livre en même temps
que l'histoire du Portugal. Il substitue un non à un oui et glisse
sous la plume de l'auteur, un éminent historien, une contrevérité
fondamentale : non, en 1147, les Croisés n'ont pas prêté
main forte au roi Afonso Henriques pour reconquérir Lisbonne occupée
par les Arabes. Suite à cet incident, l'existence de Raimundo va
à son tour être bouleversée. Tout en se découvrant
une passion pour sa nouvelle chef de service, et influencé par
celle-ci, il va entrer en littérature.
L'évangile selon Jésus-Christ
(Seuil)
est une biographie fictive de la vie privée de Jésus. Dès
sa naissance, Jésus porte la marque d'une faute : il doit à
un massacre d'être en vie. Il quitte le foyer familial pour séjourner
dans le désert. Mais il lui est impossible de s'opposer au projet
de Dieu : l'utiliser pour étendre sa domination sur la plus grande
partie de l'humanité. En faisant de Jésus, ce fils de Dieu
qui ne voulait pas l'être, la victime sacrificielle et l'instrument
du plus absolu des pouvoirs qu'est l'idée même de Dieu, Saramago
pose la question de la liberté et de la révolte.
Manuel de peinture et de calligraphie
(Seuil)
H., peintre conventionnel et sans véritable talent, est chargé
de faire le portrait de S., directeur d'une grande entreprise. Conscient
de ses limites, souffrant de la médiocrité de ses toiles
et la banalité de sa vie, H décide de s'interroger sur le
sens de son existence et sur celui de son art. Pour cela, il commence
à exécuter en secret un second portrait de S. et, parallèlement,
décide d'écrire un journal. Peu à peu, il découvre
qu'en peignant un autre c'est lui-même qu'il peint.
La caverne
(Seuil)
Cipriano Algor est potier, il vit avec sa fille et son gendre. Il fabrique
des céramiques pour un centre commercial situé non loin
du village jusquau jour où le Centre, pour des raisons de
rentabilité, nachètent plus ses poteries. Le Centre,
métaphore politique de luniformisation et de la rentabilité,
regroupe toutes les activités humaines ; les hommes n'ont pas la
nécessité de sortir du Centre où ils vivent selon
ses lois.Voilà quune grotte est découverte dans les
soubassements du Centre, imaginons alors que lon propose au public
une attraction exceptionnelle : la visite de la caverne de Platon.
Autre ouvrage disponible : Quasi objets, nouvelles
(Points-Seuil)
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